Fondation est un classique parmi les classiques de la science-fiction — je dirais qu’il figure aisément dans les dix livres les plus connus du genre. Je parle ici du premier tome du cycle, mais il existe des préludes et des suites ainsi que d’autres oeuvres d’Isaac Asimov qui se situent dans le même univers. Ce livre et ce cycle se démarquent de leurs semblables par une approche très scientifique (hard SF) et historique. Isaac Asimov a pour cela inventé une science qu’il a baptisé la psychohistoire.

C’est un concept extrêmement intéressant car il permet de prédire l’évolution d’une civilisation sur de très longues échelles, c’est-à-dire sur plusieurs générations. Ce qui est frustrant ou curieux avec cette science c’est que l’issue semble inéluctable quelque soit les actions des individus à leur échelle (à l’échelle d’une vie). Le destin des civilisations est écrit quelque soient les réactions des hommes. L’inventeur de cette science le mathématicien Hari Seldon ayant prédit la fin de l’Empire va prévoir une parade en envoyant les plus grands scientifiques de l’époque sur une petite planète isolée. Ils constitueront le centre de la civilisation qui renaitra des cendres de l’Empire.

Cette échelle de temps très étalée entraine une particularité. Les personnages ne sont pas les mêmes au fil du livre et le roman est découpé en plusieurs époques — il s’agissait à l’origine de cinq nouvelles:

  • Les Psychohistoriens
  • Les Encyclopédistes
  • Les Maires
  • Les Marchands
  • Les Princes Marchands

La partie des maires est particulièrement intéressante pour sa dimension stratégique et politique. Celle-ci est dominée par le fin tacticien Salvor Hardin. J’ai adoré l’un de ces principes qui revient comme un mantra.

La violence est le dernier refuge de l’incompétence.

Ces héritiers des premiers scientifiques ont mis en place un concept particulièrement intéressant, une religion dont le moteur est la science. C’est très pratique pour faire adhérer les foules.

Car les religions scientifiques ont le précieux avantage de toujours réussir leurs miracles […]

C’est un roman passionnant on a l’impression de lire un livre d’histoire concernant l’Empire romain, mais qui se passerait dans le futur.

P.-S.: Si la hard science vous intéresse, je ne peux que vous conseiller la lecture des livres de l’un des héritiers d’Asimov, Liu Cixin:


Isaac Asimov, Le cycle de Fondation #1: Fondation, traduit par Jean Rosenthal, Folio, 2009, 416 p, Amazon.