Écoute le chant du vent et Flipper, 1973 sont les deux premiers romans d’Haruki Murakami. Il les a écrits sur la table de sa cuisine. Ils forment avec La Course au mouton sauvage La trilogie du Rat — le Rat est une personne d’où la majuscule.

Le Rat tourna la tête vers le plafond et puis, lentement, il ferma les yeux. Ensuite, il éteignit toutes les lumières qui peuplaient son cerveau, et son esprit s’engouffra dans de nouvelles ténèbres.

Voici ce que dit l’auteur à propos de ses premiers ouvrages.

Pour rien au monde je ne voudrais les changer. Un peu comme de très vieux amis. Peut-être que je ne les rencontrerai plus, que je ne leur parlerai plus, mais il est certain que jamais je ne les oublierai. Ils sont précieux pour moi, irremplaçables. Ils m’encouragent, me réchauffent le coeur.

Pourtant il n’avait, pendant 37 ans, pas autorisé leur publication et ils étaient donc jusqu’à il y a peu inédits en France. Ça aurait été dommage de s’en priver car on voit naître une partie de ce que deviendra le style Murakami. Les romans sont assez décousus diffus et il n’y pas la dimension fantastique qu’il développera par la suite. Néanmoins le style est là, sobre et simple. L’originalité également.

Mais comme sur une feuille de papier-calque qui s’est un peu décalée, toute chose était légèrement mais inexorablement différente de ce qu’elle avait été dans le passé.

Je pense à publier cet article car je suis en train de lire son dernier roman Le Meurtre du Commandeur.


Haruki Murakami, Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, traduit par Hélène MORITA, Belfond, 2016, 300 p, Amazon.