C’est quoi déjà, la Grande Odalisque ? C’est la peinture de la nana qui a trois vertèbres en plus que tout le monde. Connue justement pour ce truc de vraisemblance sacrifié au profit de la beauté.

La définition est posée et nos deux puis trois héroïnes vont tenter de la subtiliser en plein musée du Louvre. Si vous vous intéressez un peu à la BD, vous avez très certainement entendu parler de cette association de trois jeunes talents — stars montantes — de la scène française qui se sont associés pour livrer leur version de l’excellente série d’animation — qui a bercé ma jeunesse — Cat’s Eyes. Si vous avez entre 30 et 40 ans, vous ne pouvez pas avoir loupé le dimanche sur France 3 les aventures de ces trois jeunes filles en justaucorps qui virevoltaient au nez et à la barbe de la police — et surtout du candide et passablement amoureux Quentin — pour dérober des objets d’art. Personnellement c’est un souvenir troublant — pas pour les justaucorps, je vous vois venir —, un mélange de joie de retrouver ce dessin animé et de tristesse d’être déjà au dimanche soir, le début de la mélancolie en quelque sorte.

T’as vu ? Il y a des étoiles de Ninja en forme de carte de visite.

Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu quelque chose d’aussi sympa. On se croirait devant un film d’action ou un dessin animé, le raffinement des dessins et l’humour en plus. Ce n’est pas si fréquent d’allier action, qualité et modernité avec autant de brio. Le trio d’auteurs comme celui des filles fait des merveilles.

Très rythmé, superbement dessiné et savamment mis en page alternant les dialogues à la Audiard des années 2010 — c’est un concept comme un autre — et les planches d’actions où ils sont complètement absents. A ce propos la dernière scène est une merveille de dynamisme, je me suis surpris en train de tourner frénétiquement les pages pour connaître la suite. Et une fois ce premier tome refermé, je n’ai qu’une envie, celle de lire la suite: Olympia.

Justement c’est ce que j’ai fait et je n’ai pas été déçu, même si la surprise est moins grande. Le second tome est dans la continuité — c’est logique en même temps — et reprend donc les mêmes recettes qui marchent toujours aussi bien. J’ai tourné les pages de façon aussi frénétique sans vraiment prendre le temps d’observer — ce qui est vraiment dommage car c’est du très beau boulot. Je me dis malgré tout que le concept finirait tout de même par s’essouffler s’il devait y avoir une suite.


Ruppert & Mulot et Bastien Vivès, La Grande Odalisque #1, Dupuis, 2012, 124 p, Amazon.