Adapter les Racontars Arctiques en BD a donné des idées à Hervé Tanquerelle. Il met en scène son alter ego qui embarque pour une exploration digne d’une aventure de Tintin. Il ne cache pas ses sources d’inspiration puisque même la police de caractère utilisée sur la couverture rappelle — c’est peut-être la même d’ailleurs, les éditions Moulinsart pourraient lui faire un procès — les albums d’Hergé. Il exploite comme son ainé le contraste entre les paysages, et plus généralement les décors, détaillés et les personnages volontairement stylisés — les yeux de certains personnages rappellent ceux des personnages d’Hergé. Son autre idée était de mettre en scène une sorte de Jørn Riel (l’auteur des Racontars Arctiques qui a tiré ses récits de son expérience de plusieurs années au Groenland) en capitaine Haddock.

Hey, Tintin ! Viens plutôt trinquer avec nous. Le capitaine paie son petit verre de rhum.

Les dessins sont très beaux, au moins autant que l’objet et ses pages glacées que l’on prend plaisir à tourner. Tout allait donc pour le mieux jusqu’à la découverte du scénario. Et là c’est une déception — une petite catastrophe je dirais même. On sent bien que l’auteur n’a pas eu d’autres idées que celles citées plus haut. La faiblesse du scénario n’est pas gênante au départ car elle est compensée par le plaisir de la découverte et l’agrément de lecture indéniable procuré par la BD. Mais, à partir de la moitié du livre, il se délite complètement. Quel dommage !


Hervé Tanquerelle, Groenland Vertigo, Casterman, 2017, 100 p, Amazon.