Gantz ou comment enfoncer tous les tabous. Ultra-violence, vengeance, sexe, jalousie, tous les côtés sombres de l’être humain y passent. Femmes, enfants, vieillards, personne n’est épargné. Il semblerait que le no limit soit la règle que s’est imposé l’auteur pour le scénario de ce manga hors-norme. A chaque fois où l’on pourrait se dire «non là il ne va pas oser», il fonce sans état d’âme.

En deux mots, des personnes décédées se retrouvent dans un petit appartement — une sorte de purgatoire — depuis lequel ils sont téléportés dans une ville pour accomplir des missions qui consistent à dézinguer des aliens. S’ils en réchappent, ils peuvent espérer retrouver leur vie ou atteindre le paradis, personne ne sait vraiment.

Ce système entre religion et jeu vidéo est implacable. La pression subie lors des phases des combats s’exerce à l’intérieur du groupe et créée des tensions puisqu’il s’agit avant tout d’une compétition entre eux alors qu’il doivent former des alliances pour vaincre. Des liens d’amitié ou des attirances viennent encore plus brouiller les pistes.

Passée la surprise du début, il faut avouer que l’on se prend assez vite à ce jeu malsain. Il y a tellement de questions qui se posent que l’on tourne frénétiquement les pages en quête de réponses. L’auteur utilise bien les multiples leviers qu’il a à sa disposition pour pimenter le scénario. Même s’il ne fait pas dans la subtilité, Gantz devient alors un vrai piège pour le lecteur — attention, la série terminée compte 37 tomes.


Hiroya Oku, Gantz #1, Tonkam, 2002, 192 p, Amazon.