Je pense — mais j’ai la flemme de vérifier — que ce titre m’a été conseillé par Frédéric Beigbeder dans son livre Premier bilan après l’apocalypse. Je ne connaissais pas du tout Charles Simmons avant de lire ce livre et le titre Les Locataires de l’été ne m’aurait pas attiré. Seule la belle couverture du Phébus libretto, illustrée par un détail d’une oeuvre d’Edward Hopper, aurait pu allumer une étincelle dans mon regard. Il est vrai que ce titre, Les Locataires de l’été, n’est pas une grande trouvaille du traducteur. Le titre original, même s’il est simple, Salt Water, me semble beaucoup plus approprié car je suppose qu’il fait précisément référence à ce passage très évocateur du livre.

Venant de la haute mer, les vagues qui brisaient faisaient pleuvoir sur moi les embruns. Je suppose que je pleurais. Les larmes et la mer ont le même goût.

Le seul avantage du titre français est qu’il nous donne une indication sur l’intrigue. Deux parents et leur fils adolescent passent les vacances — d’été donc — au bord de la mer — la fameuse eau salée — et accueillent des locataires, une mère et sa fille, dans un pavillon qui jouxte leur lieu de villégiature. Ces deux femmes vont modifier à tout jamais le cours de leur existence.

Ce n’est pas un roman que je conserverai dans mon panthéon. Néanmoins il a l’avantage d’être court — un peu plus long qu’une novella —, rythmé et plutôt bien écrit. Disons qu’il va à l’essentiel dans une écriture sobre. Il s’agit à minima d’une très bonne lecture de plage bien au dessus des fameux «livres de l’été». Après ça, si vous souhaitez rester dans l’ambiance des vacances et de l’amour, enchainez en lisant Une soeur de Bastien Vivès puis faites-vous un grand classique, Bonjour tristesse de Françoise Sagan.


Charles Simmons, Les locataires de l’été, traduit par Eric Chédaille, Phébus, coll. «Libretto», 2000, 192 p, Amazon.