Mathieu Sapin commence a être un habitué des portraits. Après avoir suivi l’ancien pensionnaire de l’Elysée dans Le Château, il file le train à un autre personnage public. Ce dernier est bien plus truculent puisqu’il s’agit du monstre sacré du cinéma français, celui que le monde entier — enfin surtout les russes — nous envie, le grand, l’inimitable, Gérard Depardieu. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on a définitivement quitté le registre policé de la communication bien maîtrisée pour entrer avec fracas dans le brut de décoffrage. Et ce n’est pas triste — enfin si un peu parfois.

C’est certainement l’aptitude qu’à Mathieu Sapin à retranscrire ce qu’il observe qui fait le succès de ses ouvrages. Il est dans l’observation, il se contente de relater ce qu’il voit si possible en y ajoutant le maximum d’humour par le biais de ses dessins, de la construction des scènes et surtout en se mettant en scène. Comme il le dit dans l’épilogue, il se fait plus benêt qu’il ne l’est. Le résultat est prenant divertissant, un petit régal.

Grâce à ce livre, on découvre un visage de Depardieu qui ne correspond pas vraiment à celui véhiculé par les magasines people. On dirait qu’il réagit à l’instinct, qu’il vit au jour le jour et qu’il fait toujours ce qu’il veut ou presque. Même si c’est un extraterrestre je le trouve plus humain que beaucoup d’autres de ses congénères.


Mathieu Sapin, Gérard: cinq années dans les pattes de Depardieu, Dargaud, 2017, 160 p, Amazon.