L’Univers est une forêt sombre dans laquelle chaque civilisation est un chasseur armé d’un fusil. Il glisse entre les arbres comme un spectre, relève légèrement les branches qui lui barrent la route, il s’efforce de ne pas faire de bruit avec ses pas. Il retient même sa respiration. Il doit être prudent, car la forêt est pleine d’autres chasseurs comme lui. S’il remarque une autre créature vivante — une autre chasseur, un ange ou un démon, un bébé sans défense ou un vieillard boiteux, une magnifique jeune fille ou un splendide jeune homme, il n’a qu’un seul choix: ouvrir le feu et l’éliminer. Dans cette forêt, l’enfer c’est les autres. Une éternelle menace.

Je parlais de hard SF dans mon article consacré au premier tome de la série. Dans ce volume on se rapproche concrètement de l’un des plus grands auteurs du genre, Isaac Asimov car il est question d’enjeux s’étalant sur plusieurs siècles. Liu Cixin fait même explicitement référence au Cycle de Fondation puisqu’il évoque le professeur Hari Seldon inventeur de la psychohistoire. Ensuite, il cite l’un des autres grands auteurs de hard SF, Arthur C. Clarke et son monolithe noir. S’il fallait une demonstration la voilà !

Toujours aussi original, mais la surprise du premier tome en moins. Ce facteur surprise n’a pas accéléré ma lecture et j’ai dû cravacher pour terminer les 700 pages en 3 semaines (la durée de prêt de la bibliothèque). Je ne le regrette pas et je lirai la suite et fin avec grand plaisir.


Liu Cixin, La forêt sombre, traduit par Gwennaël Gaffric, Actes Sud, coll. «Exofictions», 2017, 720 p, Amazon.