Perceval est un personnage, un chevalier, de la légende arthurienne bien connu. Si l’on faisait un sondage je dirais qu’il finirait au pied du podium après Arthur (cf. L’Enchanteur), Lancelot et Merlin et juste devant Gauvain (cf. Le géant enfoui). Cette bande dessinée est librement inspirée du texte Perceval ou le conte du Graal de Chrétien de Troyes, daté de 1180.

Autant que je puisse en juger puisque je n’ai pas lu le texte original — c’est au-delà de mes compétences —, je trouve que c’est plutôt bien fait. Le mystère de ce personnage qui ne connait pas son nom est bien rendu. Malgré ses craintes et l’interdiction de sa mère, il acceptera sa destinée et deviendra, comme ses frères et son père avant eux, chevalier. Il rejoindra la cour d’Arthur et participera à la quête parmi les quête, celle du Graal.

Le récit assez elliptique est contrebalancé par la présence d’une pie qui accompagne le jeune chevalier. Tour à tour elle lui prodiguera des conseils ou lui transmettra ses commentaires. Je ne sais pas si elle était présente dans le texte original, mais c’est en tout cas une belle trouvaille puisqu’elle représente la conscience du jeune homme et sa dualité intérieure.

Le côté graphique est très soigné avec des dessins qui semblent être réalisés au pinceau dans des cases aux formes changeantes. Ils s’accordent parfaitement avec l’ambiance du livre et participent grandement à l’immersion dans ce conte philosophique. Une belle découverte qui nous apprend qu’il faut savoir saisir une opportunité lorsqu’elle se présente de peur d’avoir à la regretter jusqu’à l’obsession.


Anne-Caroline Pandolfo & Terkel Risbjerg, Perceval, Le Lombard, 2016, Amazon.