Antoine Compagnon est un historien de la littérature française, professeur au Collège de France et l’un des plus grands spécialistes de Marcel Proust. Je vous passe son cursus complet, mais il n’y a pas besoin d’en rajouter pour se convaincre que nous n’avons pas affaire au premier venu. J’admire le savoir de cet homme que j’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs fois lors de ses passages à la radio ou dans le cadre de ses cours disponibles en podcast et j’apprécie son humilité et sa façon de transmettre ses connaissances.

Ses nombreux ouvrages sont en majorité des essais, on pourrait donc penser que le récit autobiographique n’est pas sa spécialité, ce qui est vrai dans un certain sens puisqu’il s’agit d’une première pour lui, mais faux dans un autre puisqu’il connaît très bien cet exercice pour avoir dispensé plusieurs cours au Collège de France intitulés Écrire la vie. La classe de rétho est le récit de sa première année passée dans une école militaire (1965-1966), le Prytanée de La Flèche.

Mon sentiment est très mitigé sur ce livre. J’y ai trouvé un témoignage d’un autre temps auquel j’ai eu beaucoup de mal à m’intéresser. Ses révélations sur des sujets strictement privés n’ont pas ajouté suffisamment de sel pour rendre ce récit savoureux. Il n’a suscité en moi aucune émotion et, pardon de le dire, je me suis vite ennuyé. Peut-être faut-il avoir vécu une expérience similaire à la même époque pour s’y intéresser ? Peut-être est-ce lié au classicisme de la forme ?

J’attendais de lire par le menu la genèse de sa passion pour la littérature, le construction de ce savoir encyclopédique, mais je me suis perdu en route dans l’enchevêtrement des anecdotes.


Antoine Compagnon, La classe de rhéto, Gallimard, coll. «Folio», 2014, 352 p, Amazon.