Comme pour Game of Thrones je dois être le dernier arriéré à n’avoir ni lu ni vu la série des Harry Potter. La raison est un simple et bête entêtement à ne pas vouloir voir les films avant d’avoir lu les livres dont ils sont tirés – une obsession comme une autre. Un évènement et un contexte propice m’ont mis le pied à l’étrier. L’évènement est l’écoute d’une passionnante série d’émissions de La compagnie des auteurs consacrée à l’oeuvre de J. K. Rowling. J’ai été à la fois surpris et fasciné d’entendre tous ces universitaires disserter de cette série tout au long des quatre heures d’émissions. Les parties qui m’ont le plus intéressé portent sur le travail de traduction qui a été réalisé par Jean-François Ménard et sur celui des références philosophiques compilées par Marianne Chaillan dans son livre Harry Potter à l’École de la Philosophie1. Les vacances de Noël ont été le contexte idéal pour entreprendre cette lecture – histoire de retomber un peu en enfance. Afin de les préparer comme il se doit, je me suis procuré les sept tomes que compte la série – je ne fais jamais les choses à moitié – dans la première édition de la collection Folio Junior. Alors quel est le verdict ?

Très bon. Il s’agit avant tout d’un livre destinée à la jeunesse pour des enfants qui ont l’âge qu’à Harry dans ce premier tome une dizaine d’année – l’intrigue du roman se déroule l’année de ses onze ans. C’est d’ailleurs une particularité puisque certains enfants parmi les premiers lecteurs ont grandi en même temps que leur héros. Les phrases sont courtes, mais le style est simple sans être simpliste, rien à dire de ce côté là. Malgré un univers tout nouveau, l’auteur parvient à ne pas se perdre dans les descriptions pour ne pas ennuyer son lectorat. Pour cela elle s’appuie sur la mythologie déjà existante – il n’est pas nécessaire de décrire dans le détail un baguette de sorcier, tout le monde en connait l’usage. L’intrigue progresse vite et l’on ne s’ennuie pas. Il y a évidemment des lieux communs et des stéréotypes, mais c’est bien normal. Il y a aussi un côté classique du roman d’apprentissage dans lequel l’enfant au potentiel énorme victime d’une injustice dès son plus jeune âge doit lutter pour s’affirmer et accomplir son destin – Naruto est l’équivalent ninja de Harry Potter.

La grande réussite du roman tient justement à la transposition des codes du roman d’apprentissage au sein d’un univers de fantasy et de magie modernisé par des trouvailles originales – sans oublier le charme britannique qui opère toujours aussi bien. Le faramineux succès de la série n’est donc pas dû au hasard. Je vais poursuivre la lecture – j’ai d’ailleurs directement attaqué le deuxième tome – pour continuer à me détendre en suivant les aventures du jeune sorcier.

Si vous aimez la magie, l’esprit anglais et les gros livres ennuyeux, lisez donc Jonathan Strange & Mr Norrell.


J. K. Rowling, Harry Potter #1 : Harry Potter à l’école des sorciers, traduit par Jean-François Ménard, Gallimard, coll. “Folio Junior”, 2017, 320 p, Amazon.


  1. Marianne Chaillan, Harry Potter à l’École de la Philosophie, Ellipses Marketing, 2015, 304 p, Amazon