Au Bon Roman

~ Journal de Lecture(s) ~

Les Ignorants

Récit d'une initiation croisée

BD


Je n’avais pas lu du Davodeau depuis le poignant Un homme est mort1. Quelle erreur ! La lecture des Ignorants me conforte dans ma première impression, nous avons affaire à un très grand auteur – je pense que je vais rafler tout le rayon Davodeau lors de mon prochain passage à la bibliothèque.

Il nous parle de la rencontre entre deux arts celui du vin et celui de la bande dessinée. Et ce n’est pas le mariage de la carpe et du lapin. Bien au contraire, il s’agit dans les deux cas de plaisirs appréciés par des amateurs éclairés, des personnes de bon goût – je me flatte un peu en tant qu’amateur des deux. Mais c’est aussi la rencontre de deux hommes, Richard Leroy et Etienne Davodeau, chacun faisant découvrir à l’autre son univers, lui faisant partager sa passion. Davodeau excelle dans l’art de raconter le quotidien, faire partager de simples discussions en exploitant les expressions, les regards. Il y parvient tellement bien que l’on croirait prendre part à ces échanges. Beaucoup d’humanité passe au travers de ce récit.

C’est avant tout une histoire d’hommes, de travail bien fait, de vision. Il ne faut jamais oublier le point de vue du narrateur. C’est Etienne Davodeau qui raconte, qui découvre et qui apprend. Il est donc le premier ignorant, celui qui a provoqué la rencontre et certainement le plus curieux. Par conséquent, la partie concernant le vin est bien plus présente que celle concernant la bande dessinée – tout cela paraît assez logique au fond. Cette dernière est loin d’être approfondie et finalement presque anecdotique si l’on excepte les rencontres avec les auteurs. Les non connaisseurs découvriront néanmoins quelques grandes références de la bande dessinée astucieusement reprises à la fin du livre dans un parallèle qui conclu parfaitement l’ouvrage : Bus / Lus. Une lecture qui procure du bonheur tout simplement – et envie de boire un coup et / ou de lire une BD.


Étienne Davodeau, Les ignorants, Futuropolis, 2011, 272 p, Amazon.


  1. Étienne Davodeau et Kris, Un homme est mort, Futuropolis, 2006, 80 p, Amazon