Au Bon Roman|

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Spin

Un bon livre de SF de temps en temps c’est vraiment appréciable surtout lorsque c’est bien fait comme ici dans Spin. Il faut avouer que la production de science-fiction est globalement de bonne qualité – rien a voir avec la fantasy, c’est mon avis – et recèle même quelques pépites comme l’excellentissime Hypérion. Sans être un grand connaisseur, je peux me risquer à dire que Spin est dans haut du panier – mon risque est calculé il fut lauréat du prix Hugo du roman en 2006.

Je suis un peu embêté pour parler de l’histoire car en le faisant, je révélerais forcément des éléments importants de l’intrigue et priverais ainsi les lecteurs de ce plaisir – ce qui est de nos jours plus communément appelé spoiler. Je vais plutôt essayer de comprendre pourquoi ce roman est très réussi.

Je pense que la clé est la part importante des relations humaines dans l’histoire. Trop de récits de ce genre négligent cet aspect sous prétexte que l’on est dans un univers de science-fiction. Le nombre restreint de personnages est également un atout. La présence de trop de personnages – aux noms souvent compliqués pour ne rien arranger – nuit à la compréhension et peut décourager le lecteur. De la science crédible et une écriture qui tient la route complètent la formule gagnante. Je pense que Robert Charles Wilson aurait même gagné en fluidité en simplifiant encore plus son schéma narratif. Il aurait pu se contenter de la linéarité du début et ne pas introduire un second temps de narration.

Ce qui est bien avec la SF – c’est pareil avec la fantasy – c’est que quand on aime, il y en a. Ces quelques 600 pages ne constituent que le premier tome d’une trilogie.


Robert Charles Wilson, Spin, traduit par Gilles Goullet, Gallimard, coll.”Folio SF”, 2015, 624p, Amazon.