Pour fêter ou plutôt pleurer la fin de Donjon 1, j’ai décidé de relire le tome le plus ancien dans le temps du Donjon, Le Grand Animateur. Il se déroule au niveau -400 quand un Donjon Potron-minet démarre à -99. Ce tome est un peu le Le silmarillion2 de Donjon, on y croise de très nombreux éléments fondateurs. Les automates (ils font même référence aux lois de la robotique), les objets du destin, le mal absolu, etc. L’histoire se déroule dans la famille de Herbert de Vaucanson, le célèbre canard. Ses ancêtres sont inspirés de l’inventeur Jacques Vaucanson – qui a vraiment existé lui – et qui construisit un canard automate – ce n’est pas une blague.

Paradoxalement et bien que ce tome soit le premier dans l’ordre chronologique, je pense qu’il faut avoir lu la suite pour bien en comprendre l’intérêt. Un lecteur qui commencerait par ce tome se dirait, mais qu’est-ce que c’est que ce bordel. Pour les initiés, c’est différent. Ils apprendront plein de choses sur la genèse du Donjon. Se remémorer l’histoire de Benoît de Vaucanson pourrait également bien leur être utile lorsqu’ils attaqueront la lecture du tome #111 – je n’en dirai pas plus. Malgré tout, ce n’est pas le meilleur tome de la série, loin s’en faut. Une dernière remarque, je trouve que le style de dessin colle bien avec l’époque de l’histoire. Leur simplicité pourrait être prise pour un marqueur de leur ancienneté – bon j’arrête, je commence à délirer.


Joann Sfar, Lewis Trondheim et Stanislas Barthélémy, Le Grand Animateur, Delcourt, coll. « Humour de rire », 2007, 47 p, Amazon.


  1. Les tomes #110 et #111 sortis simultanément en mars 2014 ont été annoncés comme les derniers de la série. Mais bon, avec ces deux lascars, on n’est pas à l’abri d’une — bonne — surprise de plus. 

  2. J. R. R Tolkien, Le silmarillion, Pocket, 2001, Amazon