Au Bon Roman

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Indian Creek

Indian Creek est un récit autobiographique, celui d’un hiver passé dans les Rocheuses au sein de l’état de l’Idaho par l’étudiant qu’était Pete Fromm en 1978. Les (montagnes) Rocheuses désignent une grande chaîne de montagnes (4 800 km de long pour 650 km de large) s’étalant du nord-ouest des États-Unis au sud-ouest du Canada. Aussi curieux que cela puisse paraître, il a vécu cette expérience dans le cadre d’un job saisonnier – qui ne se déroulait pas comme la plupart des autres l’été, mais l’hiver. L’objectif unique de ce travail était la surveillance d’une retenue d’eau dans laquelle grandissait d’invisibles alevins de saumons. Il consistait principalement à briser la glace qui se formait à la surface du bassin. Car il fait froid l’hiver dans cette région voire très froid surtout lorsque l’on doit vivre dans une tente. Ces conditions climatiques que l’on peut qualifier d’extrêmes constituent le premier inconvénient de ce travail, le second – qui est certainement le premier dans l’ordre d’importance – est très certainement l’isolement. Le site se situe à plusieurs kilomètres de toute civilisation et est uniquement relié au monde par une ligne téléphonique archaïque qu’il est possible d’atteindre après avoir parcouru 15 km depuis la tente.

De la mi-octobre à la mi-juin, j’allais être responsable de deux millions et demi d’œufs de saumon implantés dans un bras entre deux rivières. La route la plus proche se trouvait à quarante miles, l’être humain le plus proche à soixante miles.

Voila le décor est posé et ici rien n’est inventé. Le récit est sincère et l’auteur n’a pas cherché à enjoliver ou à dégrader la situation volontairement pour les besoins du livre. Cette approche qui pourrait paraître simpliste de prime abord, mais se révèle d’une efficacité redoutable. A déployer tant de sincérité et à adopter une position aussi neutre, le narrateur gagne rapidement la confiance du lecteur qui se prend d’abord d’empathie puis rapidement de sympathie pour ce jeune homme à la fois naïf, – comment ne pas l’être pour avoir accepté un tel job – mais surtout extrêmement volontaire et débrouillard. Ces sentiments tournent à l’admiration lorsque l’on prend conscience de ce qu’il est parvenu à accomplir. Evidemment, ces mois passés en ermite auront changé son regard sur la société – on l’observe notamment dans l’évolution de ses relations avec les chasseurs. Mais dans ce registre non plus, il ne s’appesantit pas et n’en fait pas des tonnes.

Indian Creek est l’excellent récit d’une expérience hors du commun. Un volume a posséder absolument dans sa collection de Nature writing.

A lire aussi: Winter


Pete Fromm, Indian Creek: Un hiver au coeur des Rocheuses, Editions Gallmeister, 2006, 265 p, Amazon.