Avant ce Bad Monkeys, j’avais lu deux livres de Matt Ruff: Un requin sous la lune1 (traduction bizarre du titre original Sewer, Gas and Electric) et La proie des âmes 2. Ces deux livres partagent avec Bad Monkeys une grosse dose d’originalité frisant la loufoquerie. Il faut donc une bonne ouverture d’esprit pour apprécier l’oeuvre de cet auteur américain. Cette fois, j’ai du en manquer … Pourtant, j’avais adoré Un requin sous la lune dans lequel on croisait, parmi bien d’autres choses étranges, la tête d’Ayn Rand ramenée à la vie par des ordinateurs ou un sous-marin rempli d’écologistes. Dans La proie des âmes, Matt Ruff abordait le trouble de la personnalité multiple sous un angle pour le moins original et imagé (Un autre titre traitant du même sujet est Les Mille et Une Vies de Billy Milligan3 de Daniel Keyes). Plusieurs personnes cohabitent, au sens propre, dans le corps d’Andrew. Chacun des habitants de cette véritable maison se partage, à tour de rôle, le pilotage du corps.

Dans Bad Monkeys il est question d’une organisation secrète dont le but est d’éliminer les malfaisants. On est bien loin du réalisme des [Falsificateurs][LK1] d’Antoine Bello, on est bien chez Matt Ruff. Jane Charlotte, le personnage principal, dispose d’un pistolet MN pour Mort Naturelle. C’est l’arme de prédilection des Bad Monkeys qui permet d’éliminer une personne discrètement en provocant une crise cardiaque. La quatrième de couverture parle de se perdre dans un labyrinthe avant de retrouver la lumière et évoque Philip K. Dick. Je pense que je me suis perdu sans trouver l’interrupteur et que je suis définitivement hermétique aux scénarios de Philip K. Dick. Une grande déception car j’étais vraiment enthousiaste à l’idée de lire ce livre qui réunissait tous les ingrédients pour me plaire.


Matt Ruff, Bad Monkeys, traduit par Laurence Viallet, 10/18, 2010, 301 p, Amazon.


  1. Matt Ruff, Un requin sous la lune, traduit par Guillaume Fournier, Gallimard, coll. « Folio SF », 2004, Amazon

  2. Matt Ruff, La proie des âmes, traduit par Laurence Viallet, Seuil, coll. « Points », 2006, 669 p, Amazon

  3. Daniel Keyes, Les Mille et Une Vies de Billy Milligan, traduit par Jean-Pierre Carasso, Le Livre de Poche, 2009, Amazon