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Sa Majesté des Mouches

Si je vous dis Robinson Crusoé, Seul au monde, Lost ou même Battle Royale. Vous me répondez sans hésiter île déserte ! Sa Majesté des mouches raconte la destinée d’un groupe d’enfants livrés à eux-mêmes sur une île, après le crash de leur avion. Comment vont-ils réagir, eux qui sont seuls pour la première fois de leur vie, sans aucun adulte pour encadrer le groupe ? Les enfants ont parfois peur d’un monstre imaginaire qui aurait élu domicile sous leur lit. Imaginez alors ce qui peut passer dans la tête d’un gamin ,à la tombée de la nuit, lorsque la forêt commence à bruisser…

Comme pour Daniel Defoe et son Robinson, cette aventure passionnante est surtout prétexte à aborder des sujets de fond. C’est un livre sur la civilisation qui montre combien la frontière est mince entre la condition animale et l’homme dit civilisé. Une civilisation, construite pierre après pierre au cours des siècles, peut voler en éclat en un instant. Ce classique a été largement commenté et je ne m’étendrai donc pas sur les nombreuses thématiques qui y sont abordées. Je peux tout de même confirmer qu’il est considéré à tort comme un livre pour enfant. C’est d’ailleurs à partir d’une copie parue dans la collection 1000 soleils (Gallimard Jeunesse), délaissée durant ma jeunesse, que j’ai enfin pu lire ce roman. Enfant, je n’était pas parvenu à le lire mais j’avais gardé en mémoire son titre assez étrange. Je le conseille donc aux plus grands qui apprécieront pleinement le style de l’auteur, sauront remarquer les aléas de la météo collant parfaitement à l’intensité dramatique des scènes, noteront la reproduction de phénomènes de groupes pouvant être observé au détour d’une salle de réunion. Pour finir de vous convaincre je ne résiste pas à vous citer un passage :

En dessous de lui, les jambes de quelqu’un qui couraient se fatiguaient de plus en plus et les hululements déchaînés montaient comme une lame menaçante, ébréchée, qui déjà se trouvait presque au-dessus de sa tête.


William Golding, Sa Majesté des Mouches, Gallimard, coll. « Folio », 1983, 256 p, Amazon.